Rappel : 20 novembre, journée mondiale de soutien - Oaxaca, 15-11-06

Note d’information n°9
jeudi 16 novembre 2006
mis à jour samedi 28 avril 2007

Nouvelles du congrès de l’APPO

Les premières indications sur le congrès constitutif de l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca arrivent par la presse, même si elles ne sont pas encore publiées sur le site de l’APPO.

Un nouveau plan d’action a été adopté. Il a bien sûr toujours les mêmes buts : obtenir le départ du satrape Ulises Ruiz Ortiz par n’importe quel moyen (démission, destitution...), et celui des troupes d’occupation (Police Fédérale Préventive). Ce plan consiste à reprendre et renforcer les activités de pression, de résistance pacifique mais résolue, comme l’implantation de nouvelles barricades et la réactivation des brigades mobiles.

L’APPO s’est également dotée d’une instance de direction (conseil de l’Etat) de 260 représentants d’organisations civiles, de quartiers, de barricades, de communautés et peuples indiens, de syndicats, d’autorités municipales (y compris les « municipalités populaires »), d’étudiants, de jeunes des quartiers, de paysans, de commerçants, etc...

Flavio Sosa, confirmé en tant que porte-parole, a déclaré à l’issue du congrès : « Ruiz est en train de mener Oaxaca à la guerre civile par sa stupidité et son obstination à se maintenir au pouvoir. De façon irresponsable et criminelle, il est en train de dresser les gens du PRI contre le peuple, les Oaxaquègnes les uns contre les autres, entre frères ».

Adhésion des communautés indiennes

L’aspect qu’on trouve le plus encourageant est que le congrès a permis d’abolir la distance que gardaient encore une partie des communautés et peuples indiens vis-à-vis de l’APPO. Ce qui les a décidés à franchir le pas, c’est la conviction que « la participation massive et spontanée de milliers d’Oaxaquègnes à la rébellion des cinq derniers mois a brisé les schémas des vieilles avant-gardes dogmatiques et a ouvert des espaces pour une nouvelle pratique dans les luttes populaires ».

L’APPO est née en ville, domaine des groupes politiques traditionnels qui ont eu une influence prépondérante dans les débuts. Mais comme le font remarquer les six dirigeants indiens qui ont donné une interview collective (Aldo González, Adelfo Regino, Joel Aquino, Fernando Melo, Manuel Suárez et Fernando Soberanes), la majorité de la population urbaine des quartiers et des barricades a des racines indiennes toutes proches. C’est ce qui explique que, « malgré la contradiction entre la verticalité de la gauche traditionnelle et l’horizontalité de la cosmovision indienne, la base qui a participé au soulèvement de l’APPO a compris rapidement, et fait siens, les principes du communalisme indien. Et cela a été l’apport des Indiens qui a ouvert l’horizon du congrès constitutif ».

Le signe positif pour les Indiens qui a fait pencher la balance du côté de l’adhésion a été la volonté de la majorité du congrès d’inclure des idées qui ne figuraient pas dans les documents initiaux : culture communautaire, aide mutuelle, serviteurs au lieu de dirigeants.

C’est en effet un Zapotèque, Melitón Bautista, qui a été chargé du discours de clôture du congrès. Il a expliqué à l’ensemble des 260 membres de la nouvelle direction ce que signifie le bâton de commandement, l’engagement qu’il implique pour celui qui le reçoit, la nécessité que les dirigeants ne supplantent jamais leur base, mais au contraire s’assument en tant que serviteurs.

« C’est de cela que dépend le succès ou non du Conseil, a déclaré Joel Aquino. S’il n’y parvient pas, il risque de mener le mouvement dans une impasse, comme cela s’est passé avec la direction des enseignants oaxaquègnes ».

Et Aldo González d’ajouter que pour la gauche mexicaine « ça ne va pas être facile. Le processus qui consiste à sortir de la cellule marxiste-léniniste et à se situer avec le peuple au service de la communauté commence à peine. Mais nous avons vu aujourd’hui un mouvement unique, parce que de nouvelles pratiques politiques sont en train de naître ».

Tous les dirigeants indiens, à un moment ou un autre, se réfèrent au principe proclamé par les zapatistes : mandar obedeciendo, « commander en obéissant ». Mais ils insistent sur le fait qu’il s’agit d’un apprentissage mutuel : la lutte d’Oaxaca n’est plus seulement une résistance, elle propose aussi des solutions nouvelles, dont pourraient s’inspirer les Chiapanèques.

Les 28 et 29 novembre se tiendra un Forum des Peuples Indigènes d’Oaxaca. « Nous verrons quelles formes d’action proposent les peuples. Ce qui est sûr, c’est que quelle que soit la voie de lutte pacifique qui sera décidée, elle le sera de façon totalement unitaire ».

Il est évident que l’adhésion à présent unanime des communautés et peuples indiens à l’APPO modifie le rapport de forces. Ce ne sont plus seulement les villes, mais aussi les campagnes qui sont à présent unies dans la lutte.

Mais ce n’est pas la seule conséquence. Le ralliement indien signifie aussi un ancrage politique de l’APPO : on n’a plus à redouter à présent que la durée du conflit engendre des tentatives de fuite en avant dogmatiques et avant-gardistes, comme la tradition de l’extrême-gauche mexicaine aurait pu le faire craindre ; les Indiens ne le permettraient pas.

Ceux qui en doutaient peuvent constater la maturité du discours indigène. Ils auront peut-être aussi été frappés par sa proximité avec les principes fondateurs de SUD Education.

15 novembre 2006

Agenda

<<

2021

 

<<

Février

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois