Quand vie scolaire rime avec galère…

dimanche 31 mai 2009

La précarité touche l’ensemble des catégories de personnels du système éducatif. C’est le cas des Assistants d’éducation (AED), chargés, au sein des écoles du premier degré et des établissements du second degré, de missions de surveillance et d’accompagnement des élèves.

Né en 2003, le statut d’AED visait à remplacer celui de Maître d’Internat/Surveillant d’Externat (MI/SE), « encombrant » pour l’administration car trop coûteux et pas assez flexible, ainsi que celui d’aide éducateur qui était déjà une régression. Le gouvernement prétextait qu’il fallait des personnels « mieux formés » et plus adaptés aux nouveaux besoins de la vie scolaire. Le résultat est à la hauteur de la politique de précarisation mise en œuvre dans l’Éducation Nationale.

De MI/SE en AED…

- Les MI/SE étaient recrutés et affectés par les rectorats, et bénéficiaient du statut de fonctionnaire stagiaire. Les AED, contractuels de droit public, sont recrutés et embauchés sur candidature individuelle par les chefs d’établissement. D’entrée, on imagine sans mal les pressions hiérarchiques qui peuvent s’exercer sur eux, ainsi que les travers afférents (paternalisme, caporalisme, favoritisme …). D’autant plus qu’un principal ou un proviseur a tous pouvoirs sur le renouvellement du contrat et peut signifier le non réemploi sans aucun motif. Rappelons aussi que les contrats peuvent être signés pour trois ans, renouvelables une fois, mais rares sont ceux qui dépassent une durée d’un an. Tout cela contribue à asseoir une gestion arbitraire et discrétionnaire des AED.

- Concernant le temps de travail, L’annualisation des services permet davantage la flexibilité des services. Un temps complet équivaut à 1607h réparties entre 39 et 45 semaines, soit entre 35 et 41 heures par semaine. Malgré un crédit annuel de 200h pour la poursuite d’études, la charge de travail est conséquente et difficilement conciliable avec une vie étudiante. Rien à voir avec les 28 heures hebdomadaires de la plupart des MI/SE ! Quant aux missions, c’est le grand flou : surveillance, tâches administratives, soutien scolaire, aide à l’intégration des élèves handicapés, accès aux nouvelles technologies, etc., la liste est longue. Le contrat doit préciser les missions, mais souvent ce n’est pas le cas. Ainsi, les Assistants pédagogiques (AED chargés d’assurer un appui aux enseignants) peuvent se voir confier des tâches de surveillance. On est loin de l’image traditionnelle du « pion », et plus près du salarié exploitable et corvéable à merci. Donc, in fine, plus de travail et ce, pour le même salaire.

- Faire valoir ses droits pour un AED reste difficile, notamment les droits syndicaux. Peu d’entre eux ont réellement la possibilité de participer à une heure d’information syndicale, l’administration faisant peser la nécessité du service. Il en va de même pour les droits à congés, notamment avant les sessions d’examen. Certains droits sont inexistants, comme celui à la formation.

Vers plus de précarité ?

Contractualisation, caporalisation, gestion discrétionnaire et annualisation du temps de travail, on pourrait continuer sans fin sur les difficultés que rencontrent nos collègues AED.

On pourrait aussi dénoncer le fait qu’il leur est demandé aujourd’hui un travail davantage sécuritaire qu’éducatif.

On pourrait enfin s’inquiéter plus largement du devenir des personnels de vie scolaire.

Si le statut de MI/SE n’était pas la panacée, si celui des AED constitue une véritable régression, l’embauche de contrats aidés de droit privé, encore plus précaires (Contrats d’accompagnement vers l’emploi, contrats d’avenir) pour les mêmes missions laisse présager une précarisation croissante parmi les personnels de vie scolaire.

Commission précarité

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