Plate-forme revendicative de SUD Education

 juin 1998
mis à jour samedi 12 novembre 2005

La plate-forme de SUD-Éducation exprime notre volonté de construire un syndicalisme de lutte, d’agir sur la recomposition syndicale et notre refus de compiler des revendications catégorielles.

- Défendre les intérêts et faire aboutir les revendications de tous les personnels de l’Education Nationale de la maternelle à l’université, enseignants, ATOSS, et IATOSS, aides-éducateurs, en activité et retraités, titulaires, non-titulaires, précaires et demandeurs d’emploi,
- défendre le Service Public dans son ensemble, et promouvoir un enseignement public, laïque et gratuit qui assure l’accueil, l’éducation, l’instruction, et le développement pour chacun et pour tous, obtenir les moyens de nos ambitions, lutter contre l’échec scolaire, la division hiérarchique et catégorielle ...
- contribuer à l’émergence d’une société juste, égalitaire, et combattre l’exploitation, le racisme, la course aux armements, le pillage du tiers monde, le chômage, l’exclusion et la misère pour garantir et développer les droits de l’homme, le droit des femmes, des enfants, des immigrés, le droit à l’emploi, au logement et à la santé ...

Cela implique une cohérence entre nos revendications pour
- l’ensemble des travailleurs (dont chômeurs et précaires),
- les personnels de notre champ de syndicalisation,
- les enfants/ les jeunes.

Cela implique un souci constant d’étudier les incidences de nos revendications à ces trois niveaux et un rôle d’information interne (pédagogique, intercatégoriel) et externe (interprofessionnel et associatif).

Cela implique d’articuler les revendications générales ou absolues, de fond ou de principe, voire utopiques encore pour certaines, et les revendications immédiates, dans l’urgence du contexte, à l’intérieur des contraintes existantes. (Cela implique, par exemple, de faire le lien entre les revendications relevant de la transformation du droit et celles relevant de l’application d’un droit existant).

Cela implique aussi d’associer des propositions (en terme de moyens d’action, de débats, d’information, de formation ...) à nos revendications proclamées.

1- DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DES TRAVAILLEURS DANS LA SOCIÉTÉ

La précarité et le chômage sont les conséquences logiques et habilement modulées du système capitaliste qui, en exploitant, en divisant et en fragilisant toujours plus les individus, les prépare à accepter comme inéluctable la mise en place, insidieuse ou brutale, d’un nouveau type d’exploitation.
Les droits à un revenu et à une activité sont des droits fondamentaux au même titre que les droits élémentaires de logement, de santé, d’éducation et de culture. Refusons la précarisation déjà installée et les mesures de flexibilité imposées au nom du profit.

Nous luttons :
- pour la résorption du chômage, pour que le travail soit réparti entre tous, par une diminution significative du temps de travail sans perte de salaire ni flexibilité imposée aux travailleurs : une loi réduisant immédiatement le temps de travail à 32 h maximum et imposant des embauches correspondantes. Nous refusons que la diminution du temps de travail entraîne des contreparties qui seraient des reculs pour les travailleurs (annualisation, baisse ou stagnation des salaires) ; nous veillerons à ce qu’aucune normalisation européenne ne se fasse sur la base des positions et des droits les moins avancés pour les travailleurs et nous nous mobiliserons dans ce sens avec les travailleurs et chômeurs des autres pays.
- pour le droit à un revenu décent pour tous ;
- contre toute discrimination fondée sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique ou sociale ;
- pour le droit syndical, son exercice dans le cadre des acquis imposés par le mouvement ouvrier jusqu’à nos jours (droit de grève, de réunion, d’information et de formation, d’affichage...), sa défense contre la volonté de mise sous tutelle du syndicalisme déjà illustrée par les lois Perben de décembre 96 (lois liberticides qui visent à instaurer un modèle déposé du syndicat).

2- DÉFENDRE LE SERVICE PUBLIC

- Au nom de la concurrence et du profit, à la Poste, à France Telecom, à la SNCF, dans la Santé, les chantiers navals et l’Éducation Nationale... qu’ils soient industriels, commerciaux ou administratifs, les Services publics sont déréglementés, cassés, privatisés.
- Dans la Fonction Publique, et notamment dans l’Éducation Nationale, la précarisation de l’emploi est installée et s’aggrave. l’austérité budgétaire, le processus de mise en concurrence des établissements scolaires, les CLE, les projets contenus dans le rapport Pair, etc ... constituent une remise en cause inquiétante de l’école publique.
- Dans tous les pays européens, les mêmes politiques "libérales" produisent les mêmes effets. Ensemble, avec le Groupe des 10, avec les autres syndicats, avec les associations, nous luttons contre la soumission des services publics aux impératifs du profit. Pour la défense et l’extension des services publics, afin qu’ils soient effectivement mis au service des travailleurs et de la majorité de la population, et non des patrons et des financiers.

3- DANS NOTRE CHAMP DE SYNDICALISATION, QUELLE ÉCOLE ?

Nous nous inscrivons dans la lutte pour une école (école : terme employé dans ces textes pour tout établissement scolaire et même universitaire) où tout soit fondé sur le développement des facultés de l’élève, où chacun bénéficie d’un droit égal à s’instruire au lieu d’être le jouet de la sélection.

Cette école à fonder en droit est une école PUBLIQUE, LAÏQUE, ET GRATUITE.

Nous affirmons que l’éducation scolaire est une fonction publique qui ne peut se dérouler que dans un espace public.
Nous sommes opposés à l’existence d’établissements privés, subventionnés par l’État, écoles qui enferment chacun dans une communauté définie par l’origine sociale ou la religion des parents, voire l’origine ethnique.

L’école ne doit pas devenir un lieu qui exacerbe les différences, elle doit être un espace laïque où l’individu peut se développer librement au contact des autres, par l’usage du dialogue et l’exercice de l’esprit critique pour devenir un citoyen.

Lutter pour la laïcité, c’est lutter contre l’intrusion dans les établissements de tout intérêt privé, qu’il soit religieux ou commercial, et que pour que l’école reste ouverte à tous, français et étrangers, quelles que soient leur origine et leur situation.

C’est aussi lutter pour que les programmes soient des programmes nationaux, sans notion de "programme minimum" qui tend à réserver certains apprentissages à la sélection insidieuse et prématurée d’une élite sous forme d’options diverses.

C’est aussi lutter pour que le temps scolaire ne soit pas aménagé en fonction des intérêts extérieurs à l’école.
Respecter la laïcité, c’est aussi combattre l’idéologie du tout commercial qui considère l’école comme un marché à conquérir (marché de main-d’oeuvre, marché de consommateurs...).

L’école est le premier lieu de vie après la famille. Elle inaugure souvent la rencontre de l’individu avec la société, elle a de ce fait pour fonction de former sans déformer ni conformer. Elle doit préparer à une entrée ultérieure dans la vie sociale. Au moment où la paupérisation frappe de plus en plus d’élèves et de familles, fragilisant parfois le lien à l’école, l’État doit assurer la gratuité réelle de la scolarité (matériel, livres, équipements, transports, accès à la culture, cantines scolaires ...) L’Éducation Nationale doit créer des postes d’assistantes sociales, d’infirmières, de médecins, de conseillers d’orientation en nombre suffisant ; elle doit développer dans le premier degré et créer dans le second degré le personnel nécessaire à l’aide aux élèves en difficulté de tout ordre.

Centrer notre réflexion, notre lutte et nos revendications sur ceux qui ont besoin de plus, c’est améliorer le système éducatif pour tous.

Car, si nous savons qu’on ne changera pas l’école sans changer la société, nous savons aussi que nous pouvons être les acteurs privilégiés d’un changement dans l’école, comme professionnels de l’éducation, comme syndicalistes et comme citoyens.

Jamais il n’y a eu autant de jeunes scolarisés ; jamais le système éducatif n’a été aussi brutalement sélectif. Sous couvert de "démocratisation", la fonction sociale de reproduction de ce système continue de s’accomplir. Or cette massification n’a rien à voir avec la démocratisation de l’école.

DANS LE SERVICE PUBLIC D’ÉDUCATION AUSSI

La compétition économique, la puissance de l’argent, la privatisation touchent l’Éducation Nationale au même titre que les autres services publics.

Dénonçons la baisse de recrutement et la dégradation générale des conditions de travail (ATOSS, IATOSS/sup, et enseignants). Avec, nationalement, 45 000 MA dont un tiers actuellement au chômage ou "disparus" des statistiques, 60 000 CES et des milliers de contractuels, vacataires, instituteurs suppléants, aides-éducateurs...), l’Education nationale poursuit et systématise sa politique de précarisation et de flexibilité.

Dénonçons l’existence et la multiplication des contrats précaires, l’exploitation des auxiliaires, l’instabilité professionnelle croissante (Titulaires Académiques entre autres).

Dénonçons cet inacceptable mode de gestion du personnel qui supprime brutalement et massivement des postes budgétaires et envoie au chômage, à la précarité et à l’exclusion des milliers d’auxiliaires, contractuels, suppléants, CES, enseignants (dont des milliers de MA non réemployés cette année, 4 000 MA étrangers interdits de toute perspective de titularisation et livrés aux aléas des lois contre les étrangers), tout en maintenant un nombre exorbitant d’heures supplémentaires.

Dénonçons la duplicité du protocole Perben (mai 96) "proposant" la résorption de l’auxiliariat au sein de la Fonction publique sur 4 ans. Celle-ci, assujettie à une série de conditions inacceptables écarte, de fait, de nombreux non-titulaires :
- avoir travaillé quatre ans à temps plein sur les huit dernières années
- avoir été en poste entre le 1er janvier et le 31 mai 1996
- ne pas être rétribué sur "fonds propres",
- obtention d’un concours dont le nombre de places est sensiblement équivalent aux postes budgétairement vacants ; alors même que 30 000 suppressions d’emploi sont prévues.
- Conditions inadmissibles puisqu’incompatibles avec la situation même de travailleur précaire.
- Protocole doublement scandaleux, car si nous pouvons "comprendre" la logique d’un système, nous ne pourrons jamais accepter la signature par les syndicats : CFDT, FO, FSU, UNSA ( FEN). De même, nous ne pouvons accepter que l’actuel gouvernement et l’actuelle majorité parlementaire refusent d’abroger la loi Perben et de titulariser les non-titulaires.

POUR L’ÉGALITÉ DES DROITS, DONNONS-NOUS LES MOYENS D’EXIGER

A) POUR L’EMPLOI

  • la transparence, à tous niveaux, des moyens de gestion ;
  • l’augmentation significative du budget, la création massive d’emplois ;
  • l’arrêt définitif du recours à l’auxiliariat, aux CES, du dispositif emplois-jeunes ;
  • la titularisation pure et simple, sans concours ni autre barrage, de tous les non-titulaires, français et étrangers, qu’ils soient en activité ou au chômage (auxiliaires, suppléants et contractuels...) ;
  • la garantie d’un emploi stable et statutaire pour les aides-éducateurs ;
  • la transformation des heures supplémentaires et des emplois occupés par tous les précaires en postes budgétaires ;
  • la création de postes nécessaires pour :
    • réduire l’horaire hebdomadaire de travail,
    • permettre le travail en équipe et en interdisciplinarité, et dans le premier degré, le libre choix par l’équipe de son organisation et de son fonctionnement
    • accorder des décharges sur le service face aux élèves pour toute fonction particulière,
    • réduire les effectifs des classes (15 élèves en petite section de maternelle, 20 en ZEP, 25 pour le reste)
  • Auto-limitation dans le premier degré et dénonciation du système de la DHG dans le second ;
  • permettre le travail avec des petits groupes ou des classes dédoublées ;
  • permettre l’existence des Aides Spécialisées (AIS) à tous les niveaux d’enseignement par la formation d’un personnel spécialisé correspondant aux besoins réels ;
  • permettre une présence continue et nécessaire, dans tous les établissements, de personnel périscolaire et non-enseignant (médecin, infirmière, assistante sociale, conseiller d’orientation, conseiller d’éducation, documentaliste, ouvriers et agents administratifs...),
  • Exigeons pour tous une reconstitution de carrière sur une échelle unique et le passage de tous et toutes au rythme le plus favorable.

B ) POUR LE STATUT : CORPS UNIQUE

  • Nous nous prononçons pour la fusion des corps de statuts comparables, chez les ATOSS et IATOSS\sup comme chez les enseignants (professeurs des écoles et instituteurs par exemple).
  • Nous revendiquons un corps unique d’enseignants :
    • même formation et tronc commun, quel que soit le niveau d’intervention ;
    • formation initiale et formation continue adaptées à la demande de tous les personnels en les associant à leur déroulement ;
    • même statut, source d’unité des personnels ;
    • même temps de travail comprenant : la "présence face aux élèves", la concertation, le suivi individualisé, les relations avec les partenaires...
    • échelle unique de salaire de la maternelle à l’université.

C) SALAIRES

  • Rejetons la compétition et la division à tous niveaux :
    • non à la multiplication des statuts, des grades ;
    • non au système des promotions au choix, des hors-classes, des classes exceptionnelles ;
    • non à l’inflation des primes et indemnités diverses génératrices de divisions.
  • Revendiquons des augmentations uniformes en points d’indice et non en pourcentage qui accentuent les écarts salariaux.
  • Imposons une augmentation salariale pour tous. Pas moins de 8500 F net de salaire en début de carrière.

D) HIERARCHIE

- L’éducation fonctionne sur un modèle pyramidal, autoritaire ou paternaliste ... infantilisant !
- La hiérarchie, courroie de transmission idéologique, a pour seul univers paperasseries, aléas budgétaires et statistiques, pouvoir exorbitant sur les horaires, les conditions de travail, voire l’emploi et le statut.
- Elle n’impulse plus depuis longtemps la moindre novation pédagogique, hormis participer à transformer en phénomènes de "mode" des évolutions technologiques qui seraient nécessaires (minitel, internet, réseaux, langues vivantes ...)
- Nous dénonçons donc l’inspection et les pouvoirs de la hiérarchie.
- Nous luttons pour leur suppression.
- Nous réclamons de même la suppression de la notation.
- Nous condamnons l’autoritarisme des "chefs" d’établissement et de service, le renforcement de leur pouvoir, nous revendiquons une gestion collégiale.
- Nous nous opposons à toute tentative de retour des "maîtres-directeurs" et à la création d’un statut de chef d’établissement dans le premier degré.

E) CONDITIONS DE TRAVAIL

- Nous revendiquons les moyens humains pour faire fonctionner les établissements (voir EMPLOI)
- Nous revendiquons la fourniture de moyens matériels pour faire fonctionner les établissements : fax, répondeur, minitel, photocopieur, informatique moderne et documentation, ateliers et laboratoires, franchise postale ...
- Nous revendiquons la fourniture de moyens matériels pour les personnels ATOSS dans les établissements et les administrations centrales : auto-laveuses, chariots de ménage, nettoyeurs vapeur, produits d’entretien, ... et des équipements sanitaires (douches).
- Nous revendiquons un entretien réel et une réhabilitation architecturale qui rendent les établissements attractifs, accueillants, fonctionnels... respectables !
- Nous revendiquons une réelle médecine du travail et des comités d’hygiène et de sécurité pour tous les lieux professionnels ainsi que pour leurs usagers.

SUD Éducation s’inscrit dans la lutte pour une école publique et laïque :
- Nous affirmons que l’éducation est une fonction publique qui ne peut se dérouler que dans un espace public.
- Nous sommes opposés à l’existence d’établissements privés (subventionnés ou pas par l’Etat) dans la mesure où ces écoles enferment chacun dans une communauté définie par l’origine sociale ou la religion des parents, voire l’origine ethnique.
- La lutte pour la laïcité s’inscrivant dans la lutte contre les idéologies et l’endoctrinement, nous nous opposons à l’obscurantisme en ce qui concerne tout particulièrement le rôle des femmes, la place des enfants et leurs droits, la sexualité, la morale, mais aussi à l’infiltration dans les discours et les pratiques de l’idéologie du marché, prétendue "culture" d’entreprise, etc..

Sud éducation s’inscrit dans la lutte pour une école démocratique, c’est-à-dire une école qui donne à tous le droit et les moyens de s’instruire, d’accéder aux savoirs et savoirs-faire nécessaires à l’autonomie et à la participation à la démocratie, et non pas une école qui en convoquant tout le monde ne parvient qu’à légitimer sur des critères scolaires et non plus ouvertement sociaux la réussite d’une élite, l’exclusion des plus pauvres et l’entrée d’un grand nombre dans la recherche concurrentielle d’emplois de plus en plus précaires.

Nous ne sommes pas dupes de la contradiction à vouloir réduire la sélection dans une école dont l’objectif est précisément d’en produire en substituant la massification à la démocratisation. Mais dans un tel contexte, l’école démocratique est l’utopie nécessaire qui doit guider les résistances à opposer aux effets désastreux du modèle libéral, aux discours qui tentent de le légitimer et aux pratiques qui en découlent : non seulement la soumission de l’école aux seules exigences des entreprises, mais aussi l’instauration d’une école sur le modèle même de l’entreprise (critères de rentabilité).

Nous luttons donc pour une école réellement gratuite (transports, fourniture de livres et de matériel, cantine) qui offre à tous les équipements nécessaires (lieux ouverts d’information, de formation et de recherche), mais aussi les personnels et leurs connaissances (assistantes sociales, médecins scolaires et infirmières, enseignants titulaires , ATOSS etc.).

Cette lutte doit mettre à jour les inconséquences des discours gouvernementaux qui leurrent effrontément en prétendant réaliser cette école pour tous, alors que dans la pratique sont reléguées des marges de pauvreté et d’exclusion (ce que dénonce le mouvement de la Seine Saint-Denis).

Dans le même esprit, nous luttons pour des programmes nationaux, sans notion de "programme minimum" qui, sous couvert de rendre l’instruction plus accessible à tous, tend en réalité à réserver certains apprentissages à la sélection insidieuse et prématurée d’une élite sous forme d’options diverses, ou qui conduit à un clivage entre ceux qui devront se contenter du minimum et ceux qui pourront se payer d’autres enseignements parallèles.

Notre travail consiste à débusquer là encore les discours idéologiques et/ou mystificateurs des gouvernements dont la politique est identique malgré de grands effets de manche.

Sud Éducation lutte enfin pour une école de la démocratie, ce qui est souvent occulté dans le discours sur la démocratisation de l’école. Une école de la démocratie, cela veut dire que l’on s’oppose à l’apprentissage de la soumission à l’autorité, à la hiérarchie. Le refus de la hiérarchie ne peut concerner les seuls enseignants ou agents. Nous luttons pour une école dans laquelle les élèves puisent s’exercer à la démocratie et non pas seulement, comme le réclame le discours actuel, apprennent à respecter les valeurs républicaines.

A cause du manque de moyens, à cause de la précarité et du chômage, les enseignants sont conduits à des situations impossibles dont les élèves sont les victimes. Les sanctions disciplinaires auxquelles on a recours ne régleront pas les problèmes qui ne sont, la plupart du temps, que le symptôme de la relégation et de la misère.

SUD Éducation considère que ces solutions ne sont pas satisfaisantes et que l’on peut prendre une autre direction : une éducation progressive à la démocratie, c’est-à-dire la formation des élèves à la participation effective au fonctionnement de l’école. Or les conditions de cet apprentissage sont à la fois la suppression de la précarité et l’augmentation des moyens, la prise en charge différenciée (pédagogique et médico-psychologique) des élèves.

Nous pensons que c’est aussi le seul moyen pour lutter contre ce que tout le monde déplore sans vouloir y remédier : l’école devenant prestataire de service, les élèves se transformant en flux de consommateurs anonymes, parce que l’on ne donne jamais la possibilité réelle d’un autre statut. Cela veut dire aussi que nous luttons contre le gigantisme des établissements (la lutte pour la réduction du nombre d’élèves par classe doit s’accompagner d’une lutte pour la réduction du nombre d’élèves par structure scolaire).

C’est en repensant ainsi le sens de la démocratie, que l’on peut redonner une cohérence aux recherches sur les programmes, les contenus, et les apprentissages nécessaires. La lutte pour une école où tout soit fait pour le "développement des facultés de l’élève" doit lever l’ambiguïté sur les finalités : un développement des facultés non pas pour "gagner la guerre économique", mais un développement pour l’autonomie et la participation au politique.

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