Opposons-nous à la correction numérique des copies ! 

Initiative du collectif Enseignants pour la planète !
samedi 1er février 2020
mis à jour dimanche 1er mars 2020

Suite au Conseil Fédéral des 30 et 31 janvier 2020 la Fédération SUD Education répond positivement à la sollicitation et relaie le texte du collectif Enseignants pour la planète « Opposons-nous à la correction numérique des copies ! »

Ce texte peut être :

  • adressé par les syndicats aux supérieurs hiérarchiques, recteurs-trices
  • voté en tant que motion en Conseil d’administration des établissements scolaires.

Le modèle du collectif Enseignants pour la planète à adapter localement est accessible

Vous pouvez retrouver l’argumentaire ci-dessous en version intégrale et le télécharger pour l’afficher en salle des personnels ou le diffuser par courriel auprès des collègue

Sud éducation relaie également la pétition en ligne « Non à la numérisation des copies du baccalauréat, aberration écologique ! » à l’initiative d’Enseignants pour la planète à signer

La fédération Sud éducation s’engage à se rapprocher du collectif Enseignants pour la planète dans le but de renforcer les échanges.
Toutes les publications du collectif EPLP sont à retrouver en ligne ici

Dès le le 18 janvier,la fédération Sud éducation a publié un communiqué « les E3 C une aberration écologique »

  • SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à poursuivre la mobilisation contre la politique de casse des droits sociaux menée par le ministère et son gouvernement.
  • SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser contre la tenue des E3C, par la grève et la tenue de piquets sur les centres d’examen. Un préavis de grève a été déposé sur l’ensemble de la période pour couvrir les grévistes.


Collectif Enseignants pour la planète « Opposons-nous à la correction numérique des copies ! »

REFUSONS DE CORRIGER DE FACON NUMERIQUE LES COPIES DES E3C (EPREUVES COMMUNES DE CONTRÔLE CONTINU)

Il est prévu que toutes les copies d’E3C soient numérisées pour être corrigées. Nous nous y opposons fermement. Nos arguments :

1. Une injonction contradictoire
. Nous nous retrouvons face à des injonctions contradictoires de la part de notre institution : d’une part, nous engager dans la voie du "développement durable" en inscrivant notamment nos établissements dans des démarches de labellisations E3D et, d’autre part, développer le plus possible les usages du numérique.

2. Un coût écologique très conséquent

Nous n’avons pas les moyens de ce luxueux procédé, même s’il facilite certaines tâches des chef.fes d’établissement. Nous n’avons pas le droit d’engager un nouveau "crédit" à rembourser par les générations futures. Les chiffres précis de l’impact de ces corrections numérisées ne sont pas connus. Mais si l’on additionne les coûts écologiques de la numérisation, de l’envoi par mail, du téléchargement, de la consultation, du stockage de ces données sans oublier les coûts dramatiquement élevés de la fabrication et de la rénovation accélérée du matériel (scanner, ordinateur...), il n’y a pas de doute que la numérisation sera infiniment plus polluante que celle occasionnée par la méthode traditionnelle de correction, moins "chic", moins "moderne", moins hasardeuse aussi.

3. Une dépense parfaitement inutile

Cette numérisation apparaît particulièrement inopportune. Dans l’esprit du contrôle continu voulu par la réforme, les copies seront corrigées localement, en interne. Le scannage, le stockage sur des serveurs et les heures de correction sur ordinateurs sont donc des sources de consommation d’énergie tout à fait évitables. Ceci d’autant que répétées d’E3C en épreuves anticipées et examens de fin d’année, dans tout le pays, pendant des années, cette consommation d’énergie superflue ne va pas être anodine.

4. Notre électricité serait décarbonée ? Le contre-argument qui ne passe pas

Nous n’avons aucune information sur le lieu de stockage de ces copies numérisées. Si ce stockage se fait en France, notre consommation d’électricité dépendant essentiellement du nucléaire est loin d’être irréprochable et sans risque sur le plan environnemental et doit être limitée autant que possible. Cela ne change par ailleurs rien aux émissions de GES liés aux autres étapes du processus de numérisation (dont la fabrication des matériels).

5. Il nous faut nous saisir de cette opportunité pour interroger nos pratiques

Nous opposer à cet aspect de la réforme en cours nous paraît être un moyen d’initier une réflexion profonde et, nous l’espérons, systématique, à terme, sur les impacts écologiques de nos pratiques numériques.

6. De l’énergie, mais aussi du temps perdu, des tâches abrutissantes et néfastes pour notre santé

Outre la question de la contribution absurde au chaos climatique, cette procédure interroge aussi sur le temps passé, pour l’instant par l’administration, à scanner des centaines de pages de copies. Ces actions seront bénévoles, ou empièteront sur d’autres missions infiniment plus importantes pour le suivi des élèves. Enfin se profile l’inconfort de la lecture sur écran pour beaucoup d’enseignants, voire des problèmes oculaires ou des TMS (troubles musculosquelettiques).

L’action proposée :

  • • refuser de corriger les copies d’E3C en envoyant une lettre au Recteur ou en proposant une motion au CA de votre établissement, s’il en est encore temps (un exemple est proposé ci-dessous).
  • • Vous pouvez aussi solliciter votre syndicat pour qu’il relaye l’initiative au niveau national.

Exemple de motion / Lettre au Recteur :
MOTION PROPOSEE AU CA DU LYCEE ... DU ... NOVEMBRE 2019 A : Monsieur le Recteur / Madame la rectrice

Les enseignant-es du lycée .... remettent en question le choix de corriger les copies de E3C sous forme numérique.
En effet ce procédé paraît incompatible, au niveau international, avec les objectifs de la Cop 21, ou avec les incitations ministérielles à postuler pour la labellisation E3D.
Rappelons que le GIEC redoute un emballement climatique dont les conséquences seraient dramatiques (2 degrés supplémentaires pouvant mener à un réchauffement de +3 à +7°C d’ici la fin du siècle). Pour éviter un tel réchauffement, la France devrait diviser par 6 ses émissions de CO2 d’ici 2030 (actuellement un français émet en moyenne 12 tonnes eqCO2 par an ; nous devons passer à 2 en 2030).
Si l’on additionne les coûts écologiques de la numérisation, de l’envoi par mail, du téléchargement, de la consultation et du stockage de ces données, sans oublier les coûts dramatiquement élevés de la fabrication et de la rénovation accélérée du matériel (scanners, ordinateurs...), il n’y a pas de doute que la numérisation sera infiniment plus polluante que celle occasionnée par la méthode traditionnelle de correction.
Nous ne connaissons pas les quantités de carbone et d’ énergie précises que représentera ce choix de la numérisation de centaines de milliers de copies d’examen, dans toute la France, plusieurs fois par an et durant des années ; en revanche, nous savons que toute émission de gaz à effet de serre facilement évitable doit être évitée et que nous devons impérativement tendre vers beaucoup plus de sobriété énergétique : sur le plan environnemental, ce choix de la numérisation entre donc en contradiction avec les préconisations actées par le GIEC et le gouvernement.
C’est pourquoi les enseignant-es du lycée ... rejettent la correction de copies numérisées pour les E3C.

Documents joints

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