Le rapport Thélot et les établissements du 1er degré.

Sud Education 38
mercredi 29 juin 2005
mis à jour dimanche 3 juillet 2005

Le projet de création d’établissement du 1er degré est ici clairement détaillé. Il est fort probable qu’il soit repris tel quel dans la prochaine Loi d’orientation d’autant plus que l’expérimentation de ces établissements a déjà été votée en juillet dernier dans le cadre de la loi sur la décentralisation. Seuls, les décrets d’application ne sont pas encore parus.

p99 Améliorer le fonctionnement des établissements

"Fixer des objectifs tout en déterminant les principes et les valeurs à respecter, mettre en place les actions nécessaires et évaluer le niveau de réalisation des objectifs devient la seule approche efficace. La Commission considère que l’échelon à privilégier, dans la dévolution de ces nouvelles responsabilités, est l’établissement scolaire.

Accroître la capacité d’action des établissements suppose que l’on renforce l’autorité et la responsabilité de l’équipe de direction. Celle-ci remplit trois fonctions : pédagogique, éducative, administrative et financière. L’organisation des établissements doit être modifiée en vue d’un exercice plus efficace de ces trois fonctions. Dans le cadre de l’école primaire, une reconfiguration complète de l’organisation s’avère nécessaire afin de créer les conditions, aujourd’hui inexistantes, d’un pilotage rationnel."

p101 L’organisation de l’école primaire

"L’organisation de l’école primaire doit impérativement évoluer. Le système éducatif peut-il encore garantir une offre éducative de qualité dans des écoles aussi dispersées, petites (moins de cinq classes en moyenne) et peu organisées (l’école primaire n’a ni statut autonome, ni budget, ni chef d’établissement réellement responsable) ? La prise en compte du problème récurrent de la direction d’école, des difficultés rencontrées par les microstructures de la France rurale et surtout des besoins de l’école primaire en égard à l’exigence de faire réussir tous les élèves conduit la Commission à préconiser une organisation du premier degré d’enseignement adaptée à la conception de la scolarité obligatoire qu’elle propose.

Pour ce faire, la Commission recommande de transformer progressivement les écoles et les réseaux d’écoles en établissements disposant d’un statut propre, administrés sous l’autorité d’un conseil d’administration et dirigés par un chef d’établissement responsable."

p102

"La nécessité de maintenir une scolarité de proximité, la diversité des territoires, le développement des structures intercommunales empêchent de concevoir cet établissement sur le mode de celui du second degré. Ils supposent au contraire l’élaboration d’un nouveau cadre légal ouvert et souple qui devrait reposer sur trois orientations :
- une structure administrative et financière relevant de la commune ou de l’intercommunalité ;
- un conseil d’administration associant parents, élus et enseignants ; un chef d’établissement recruté, formé et nommé par l’autorité académique, qui assure la direction pédagogique de l’école, en particulier la répartition des ressources humaines et matérielles décidées par le conseil d’administration dans le cadre d’un contrat pluriannuel.

Ces établissements pourront être composés de plusieurs sites d’enseignement (auquel cas un « chargé d’école » assurera sur chaque site le suivi de la relation avec les parents). Il apparaît à la Commission que la taille idéale de ces nouvelles structures se situe entre huit et quinze classes, en fonction de la densité de la population et de sa composition sociale. Les écoles maternelles et les écoles élémentaires ont vocation dans des secteurs à forte dispersion à être fédérées dans l’établissement du premier degré.

Par ailleurs, pour offrir un cadre de scolarité de qualité dans les zones de ruralité profonde, il paraît souhaitable de concevoir des établissements qui intégreraient à un petit collège les écoles primaires qui l’entourent et l’alimentent. De tels établissements seraient, comme les réseaux d’écoles, composés de plusieurs sites d’enseignement. Ces orientations générales doivent bien entendu être décidées et se concrétiser en accord avec différents partenaires, en particulier l’État et les communes."

La mort programmée des réseaux d’aides (RASED) dans le 1er degré

«  La Commission estime que l’aide à apporter aux élèves qui éprouvent des difficultés et la prise en compte de leur diversité relèvent du travail quotidien de l’équipe pédagogique dans la classe, dans le cycle et dans l’école. Le fait d’isoler un élève ou un groupe d’élèves pour lui apporter une aide spécifique, sans continuité avec les activités conduites en classe, ne lui semble pas constituer une réponse efficace à la difficulté. Aussi la Commission propose-t-elle qu’à l’avenir, aucun enseignant ne soit cantonné à telle ou telle mission (élèves en difficulté, consolidation, etc.) ; tous seront des spécialistes du traitement de l’hétérogénéité des élèves, car ils y auront été formés et contribueront à la collégialité des pratiques pédagogiques dans le contexte de décloisonnement à l’intérieur des cycles. Ce renforcement de l’équipe pédagogique du premier degré devrait être fonction non seulement du nombre de classes mais aussi et surtout du nombre d’élèves qui ont besoin d’une attention particulière ou de dispositifs d’apprentissage intensif. La Commission estime ces besoins nouveaux à l’équivalent, en moyenne, d’un poste pour dix classes des cycles d’apprentissage de base et d’approfondissement. L’intégration et la prise en charge des élèves à besoins spécifiques (médicaux, psychologiques, sociaux) ne peuvent toutefois pas être de la seule responsabilité des enseignants du premier degré ; elles relèvent de l’intervention d’une équipe de professionnels clairement identifiés, organisée comme une « plate-forme de spécialistes » coordonnée au niveau de la « collectivité d’éducation ». À l’horizon de quinze ans, les missions des réseaux d’aide aux élèves en difficulté seront donc assumées par l’équipe enseignante renforcée et les professionnels associés.  »

Ce paragraphe signe l’abandon de l’aide apportée au sein de l’école par des enseignants spécialisés au sein des RASED (réseaux d’aide aux élèves en difficulté). Il est dit clairement à la fin du passage que l’équipe enseignante « renforcée » (par qui, par quoi ?) devra assumer seule les élèves en difficulté. Ce qui est déjà le cas si l’on détaille la floraison de projet individualisé pour pallier aux difficultés des élèves (type PEI, PPAP et autres). La mention « professionnel associé » est à souligner : ces professionnels seront vraisemblablement des personnes privées (orthophonistes, thérapeutes, etc), les CMP et les CMPP débordant déjà de demandes. Le corps des enseignants spécialisés s’éteint doucement faute de recrutement et de départs en stage en nombre suffisant pour remplacer les personnels partant à la retraite. Là encore, il ne s’agit pas d’une attaque frontale de la profession, on attend tout simplement le départ des personnels concernés pour finir par supprimer cette fonction.

Pour finir, il semble important d’évoquer l’abaissement de l’âge de la scolarité obligatoire à 5ans et les menaces qui peuvent en découler pour l’école maternelle. Pourquoi rendre obligatoire ce qui est déjà largement la norme : la quasi totalité des enfants de 5 ans sont à ce jour scolarisés.

Par contre, qu’adviendra t’il de la scolarité non obligatoire ? On voit déjà dans le BO poindre la possibilité de ne pas assurer les petites et moyennes sections de maternelle là où il n’y aurait pas possibilité de le faire. Il ne faut pas oublier que l’école maternelle française est une exception au niveau européen.

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