Expulsion des sans papiers : ne nous habituons pas à l’insupportable

Communiqué de presse
mardi 13 septembre 2005
mis à jour samedi 25 août 2007

Saint-Denis, le 12 septembre 2005

CONFERENCE DE PRESSE

JEUDI 15 SEPTEMBRE à 11 H

Ligue des Droits de l’Homme - 138 rue Marcadet - 75018 Paris

Expulsion des sans papiers : ne nous habituons pas à l’insupportable

L’augmentation réitérée de la pression sur les services préfectoraux et policiers pour atteindre les quotas d’expulsions assignés par Mr Sarkozy provoque des dérives inéluctables. En particulier depuis cet été, nous assistons à une détérioration sans précédent des gardes fous démocratiques censés protéger toutes les personnes vivant dans ce pays : français, étrangers avec ou sans papier.

Les barrières morales fondamentales semblent avoir sauté, y compris la protection sacrée des enfants : mise en rétention de mineurs - parfois même de nourrissons -, traque policière d’adolescents, interpellations dans les établissements scolaires et les centres de vacances... Ces faits sont d’une extrême gravité. Ils s’ajoutent à plusieurs opérations de ratissage de sans papiers organisées à Paris au mois d’août - qui ressemblent à d’authentiques rafles -, aux mesures tendant à supprimer l’accès aux soins, aux arrestations de futurs conjoints de français quelques jours avant leur mariage, à la multiplication des renvois par charters, aux expulsions musclées de squats - « pour la sécurité de leurs habitants » - sans relogement...

Cette vague répressive ne s’arrête pas aux étrangers. Fin juillet 2005, Nicole Mussie, militante du MRAP et du RESF, était placée en garde à vue à Metz parce que soupçonnée de protéger deux adolescents dont la mère avait été interpellée. Le 24 août, perquisition chez Bleuette Dupin, journaliste de Radio France Bleu Auxerre, "coupable" d’avoir fait un reportage sur la famille Makombo en cours de reconduite à la frontière. La mère et ses 2 plus jeunes enfants ont été interpellées à Sens. Les 2 plus âgés, ont pris la fuite, par peur d’un retour au Congo, donnant lieu à la plus grande opération policière jamais réalisée pour une « fugue » : une vingtaine de perquisitions et d’interrogatoires ont eu lieu chez des proches et des amis de la famille Makombo ainsi que dans les locaux de l’Eglise évangélique de Joigny.

Cette machinerie impitoyable lancée contre les sans papiers, est le prolongement inévitable des annonces démagogiques faites par le ministre de l’intérieur ; la politique d’expulsion des étrangers en situation irrégulière n’étant elle-même qu’un écran de fumée contre la dégradation de la situation sociale en France. Les mesures prises contre les sans papiers nous concernent tous. Si nous ne réagissons pas maintenant il sera trop tard.

Le SNJ-CGT et les organisations membres du RESF seront reçues mercredi 14 septembre à 17H au ministère de l’intérieur afin de faire entendre leur indignation devant ces dérives. Ils rendront compte de leurs démarches, mais aussi et surtout de leur inquiétude quant à la politique gouvernementale à l’occasion de cette conférence de presse.

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